Le tribunal administratif annule la sanction de Stéphane Cambos dans le dossier Medhi Narjissi
La rédaction · Revue de presse

Le tribunal administratif de Bordeaux a annulé l’arrêté du 25 août 2025 qui excluait temporairement Stéphane Cambos de ses fonctions pendant deux ans, dont douze mois avec sursis. Dans son jugement rendu public le 15 septembre 2026, après une audience le 1er septembre, il a estimé que les deux griefs des ministres ne caractérisaient pas une « négligence fautive ».
Une séance initialement refusée
Stéphane Cambos était conseiller technique sportif sur un emploi de conseiller technique national rugby. Il avait été nommé, en juillet 2024, manager de l’équipe de France masculine des moins de 18 ans engagée en Afrique du Sud dans une compétition internationale.
Medhi Narjissi, joueur de cette sélection âgé de 17 ans, a disparu le 7 août 2024 dans les eaux de Dias Beach, au Cap de Bonne-Espérance. Il avait été entraîné vers le large lors d’une séance de récupération en mer.
Le jugement relève que Robin Ladauge avait proposé une récupération en eau froide à Dias Beach dès le 4 août. Stéphane Cambos l’avait refusée pour des raisons de sécurité, sur recommandation de l’organisateur du voyage. Le programme prévu les 5, 6 et 7 août ne prévoyait d’ailleurs pas cette activité : le 7 août, une récupération à l’hôtel devait suivre la visite touristique.
Robin Ladauge a renouvelé sa proposition le 6 août au soir pour le lendemain. Le tribunal retient un nouveau refus de Stéphane Cambos et constate que le message WhatsApp envoyé à 21 h 59 aux joueurs et aux encadrants ne signalait aucune activité à Dias Beach.
Une activité organisée sans son accord, selon le jugement
À 8 h 14 le 7 août, Robin Ladauge a envoyé un message évoquant un bain froid obligatoire, avec un choix entre la plage du cap de Bonne-Espérance et l’hôtel. Pour le tribunal, l’absence de réponse écrite immédiate de Stéphane Cambos ne permettait pas d’établir son accord pour une activité à Dias Beach.
À l’arrivée à Cape Point, à 13 h 40, l’organisateur a annoncé au micro du car que le programme ne comportait que la visite du phare et une promenade sur la côte, sans activité sur la plage. Le tribunal considère que cette annonce confirmait le maintien de l’opposition de Stéphane Cambos à la baignade.
Robin Ladauge a ensuite quitté seul le groupe pour Dias Beach, tandis que les joueurs et le reste de l’encadrement se dirigeaient vers le phare. Les premiers joueurs ont été conduits vers la plage au croisement du chemin de la falaise et de l’escalier qui descend vers Dias Beach.
Le tribunal a aussi écarté le grief selon lequel Stéphane Cambos se serait absenté en visitant le phare. Il accompagnait les joueurs pendant la visite, puis fermait la marche au retour, conformément à son rôle d’encadrant-manager.
Lorsqu’il est arrivé sur la plage, les joueurs étaient déjà dans l’eau avec plusieurs membres de l’encadrement. Le jugement estime qu’il s’est trouvé devant une séance organisée à son insu, contre son autorité.
Les quelques minutes sur la plage
Le tribunal note qu’aucun joueur dans l’eau ne semblait alors en difficulté, que deux encadrants délimitaient la zone de baignade et que d’autres surveillaient le groupe. Un encadrant avait aussi rassuré Stéphane Cambos sur la dangerosité de la baignade.
Après quelques instants, Stéphane Cambos a décidé d’arrêter la séance. Il est entré dans l’eau pour rejoindre Robin Ladauge, peu audible depuis le bord, et son plaquage sur le préparateur physique a provoqué l’arrêt immédiat de l’activité et la sortie des joueurs.
Ces quelques minutes n’ont donc pas été qualifiées de négligence fautive. Le tribunal administratif a condamné l’État à verser 1 500 euros à Stéphane Cambos pour ses frais de procédure.
